Fitness Park : les muscles ne suffisent plus

J’ai un abonnement Fitness Park. Autant commencer par là. Mes points de chute, ce sont les clubs d’Épagny-Metz-Tessy, près d’Annecy, et de Châtenay-Malabry, dans les Hauts-de-Seine. J’y ai mes habitudes, mes exercices préférés et cette capacité à trouver une excellente raison de reporter ceux que j’aime moins.

Et puis il y a cette autre salle, celle que je fréquente avec le pouce. Sur les réseaux sociaux, Fitness Park revient régulièrement dans mon fil. Des entraînements, des machines, des physiques, des vidéos tournées entre deux séries. L’enseigne fait partie de mon quotidien jusque dans les moments où je suis parfaitement immobile. Une belle performance pour une chaîne de salles de fitness.

C’est ce croisement qui m’a donné envie d’y regarder de plus près. Je connais Fitness Park comme adhérent. Je retrouve son image sur mon téléphone. Entre les deux, je commence à me demander comment se construit cette envie d’aller dans une salle plutôt qu’une autre. Le prix et l’adresse comptent, évidemment. Mais ils n’expliquent pas tout ce qui attire notre regard, nous fait essayer un appareil ou nous donne envie de revenir.

Pour comprendre, j’ai rendez-vous au Fitness Park de Saint-Ouen avec Florent Williamson, chargé du concept et de l’innovation. Cette fois, je viens regarder ce qui m’échappe lorsque je suis occupé à compter mes répétitions.

Ce qu’on ne regarde plus

À force de fréquenter une salle, on finit par suivre son propre itinéraire. On sait où commencer, où trouver ses appareils, vers quel espace se diriger ensuite. Le lieu devient familier. On remarque une machine occupée beaucoup plus vite que la façon dont l’ensemble a été conçu.

Florent travaille précisément de l’autre côté de cette habitude. Le choix des équipements, leur implantation, les usages auxquels il faut faire de la place : ce que je trouve en arrivant résulte de décisions prises bien avant ma séance. Pour les comprendre, il faut parfois s’intéresser à ce qu’un adhérent ne penserait même pas à commenter. L’éclairage, par exemple. Florent m’explique qu’il est aussi étudié pour les photos et les vidéos. L’information change ma manière de regarder la salle. Ces lumières que je considère comme une partie du décor répondent à un usage très concret : ici, des gens vont sortir leur téléphone et se filmer.

Certains veulent vérifier leur mouvement. D’autres garder une trace de leur progression ou publier leur séance. Le geste peut sembler banal, mais il fait intervenir un regard supplémentaire dans un lieu déjà rempli de miroirs. On observe son corps pendant l’effort, puis on peut revoir l’image, la comparer, la montrer. Avec, parfois, le secours appréciable d’un éclairage bien placé. Les abdominaux réclament de la patience. Leur service de communication peut obtenir des résultats plus rapides.

Ce détail relie soudain la salle que je fréquente à celle que je vois sur mon écran. Les vidéos qui passent dans mon fil ont été tournées dans des lieux dont certains éléments sont pensés pour cet usage. L’espace accueille la séance, puis se retrouve dans son image. Un appareil, une couleur, un logo deviennent reconnaissables au fil des publications, parfois pour des gens qui n’ont jamais visité le club.

Cela ne signifie pas que tout le monde vient tourner quelque chose. On peut très bien faire ses séries et repartir sans prévenir Internet. Mais le téléphone est désormais un objet avec lequel la salle doit composer. Il sert à suivre un programme, à regarder un exercice, à se filmer. Les usages se croisent autour des mêmes appareils, dans les mêmes mètres carrés.

C’est là que l’échange avec Florent prend son intérêt. Je suis venu découvrir ce que l’enseigne prépare. Je commence par comprendre un peu mieux ce qui se trouve déjà devant moi. L’adhérent juge un lieu à travers des impressions immédiates. Il s’y sent à l’aise ou intimidé. Il trouve facilement ce qu’il cherche ou hésite sur le chemin à prendre. Il a envie de rester ou d’expédier sa séance. La conception du club contribue à ces impressions, même lorsqu’il n’en identifie pas les raisons. La lumière offre une première piste. Elle montre comment une pratique qui se développe autour de l’entraînement finit par entrer dans la conception du lieu. Il faut observer ce que les gens font réellement, y compris entre deux séries, pour comprendre ce qu’une salle doit désormais accueillir.

À Saint-Ouen, je commence donc à regarder autrement ce décor auquel, d’habitude, je ne prête qu’une attention distraite. Après la lumière, reste à regarder ce qu’elle éclaire. Car sur le plateau, Fitness Park n’est pas la seule marque à attirer l’œil

De la patate aux néons

Avant les éclairages étudiés pour les vidéos et les noms de fabricants en lettres lumineuses, Fitness Park avait une patate. Une mascotte en forme de pomme de terre, accompagnée du slogan « J’ai la patate ! », dont on retrouve notamment le dépôt de marque en 2011. On aurait pu croire que les Tuche venaient d’ouvrir une salle et que Jeff s’occupait de la communication. Le choix avait au moins un mérite : difficile de se sentir intimidé par un tubercule. 

L’enseigne, lancée en 2009 au sein du groupe Moving, se construit alors autour du fitness à bas coût. Dans sa communication des premières années, on retrouve des formules comme « le fitness pour tous » et « no “BLING-BLING” no “BLA-BLA” ». Le vocabulaire annonce la couleur : rendre l’entraînement accessible, parler simplement, faire tomber quelques barrières à l’entrée. 

En 2015, Philippe Herbette rachète le groupe Moving. C’est bien la reprise du groupe que cette date permet de situer, plutôt qu’un changement de logo à lui seul. Dans un entretien à Health Club Management, il raconte avoir alors trouvé un ensemble d’environ 200 clubs, dont une trentaine sous enseigne Fitness Park. Il choisit de concentrer la stratégie sur cette marque et de renforcer ce que l’adhérent obtient pour son abonnement : équipements, aménagement, design, nouveaux espaces d’entraînement. 

La patate appartient à une autre époque de la communication. La promesse d’accessibilité reste, mais elle doit désormais cohabiter avec une envie de performance et une image plus travaillée. C’est le sens du « High Value Low Price » revendiqué par l’enseigne. Derrière l’expression anglaise, l’idée se comprend assez facilement : un prix contenu doit donner accès à une salle dans laquelle on a vraiment envie de s’entraîner.

Il faut donc que cette valeur se voie. Et, de préférence, qu’elle se sente dès les premières séances.

On peut avoir envie d’une salle avant même d’y avoir mis les pieds. Il suffit parfois d’une machine. On l’a vue passer dans une vidéo, puis dans une autre. Un pratiquant en explique le mouvement, un autre jure qu’elle a changé ses séances. On serait bien incapable de reconnaître le maire de sa commune dans une file d’attente, mais cette presse à cuisses, même filmée de trois quarts sous un éclairage violet, on la reconnaîtrait entre mille. À force de regarder des gens s’entraîner, on finit aussi par regarder sur quoi ils s’entraînent.

Technogym, Hammer Strength, gym80, Eleiko… Ces noms acquièrent une signification à mesure que la pratique s’installe. Comme les marques de vélos pour un cycliste, ils deviennent des repères, parfois des objets de convoitise. Avec une petite différence logistique. Un vélo peut encore se négocier dans l’entrée de l’appartement. Une machine de musculation de plusieurs centaines de kilos demande une conversation plus délicate avec la personne qui partage ta vie.

L’abonnement permet précisément d’accéder à tout cet équipement sans sacrifier le salon. Et lorsqu’on commence à s’entraîner régulièrement, cette promesse devient concrète. Je ne regarde plus simplement si une salle possède « des machines ». Je cherche celles sur lesquelles j’aime travailler, les mouvements que je pourrai retrouver, les charges que je pourrai faire progresser. Une partie du choix se joue là, dans quelque chose de beaucoup moins abstrait qu’une publicité sur le dépassement de soi.

Cette importance des fabricants se lit jusque sur les murs. À Saint-Ouen comme dans mon Fitness Park d’Épagny-Metz-Tessy, leurs noms s’affichent en néons au-dessus des espaces consacrés à leurs appareils, aussi visibles que celui de l’enseigne. Chaque marque a son territoire et son nom en lumière. On pourrait presque croire à une affiche de festival, sauf qu’ici les têtes d’affiche te font travailler les quadriceps.

Les fabricants ne se contentent plus d’une petite plaque vissée sur une machine. Ils occupent visuellement la salle. Pour le débutant, ces noms font d’abord partie du décor. Au fil des séances, ils deviennent des repères. Celui qui les connaît déjà, pour les avoir utilisés ou vus sur les réseaux, retrouve d’un coup d’œil l’espace qui l’intéresse. Une réputation découverte sur un écran de téléphone prend soudain plusieurs mètres carrés devant lui. Fitness Park fournit le lieu, les fabricants apportent aussi une partie de son pouvoir d’attraction.

Cette bataille des logos ne s’arrête pas à la sortie du club. Chez Basic-Fit, elle se poursuit à dos d’homme. Le fameux sac gris et orange a atteint ce stade de notoriété où l’on pourrait presque lui ouvrir un compte LinkedIn. Métro, campus, bureau, quai de gare : il travaille sa visibilité avec une régularité que beaucoup d’entre nous aimeraient avoir à l’entraînement. On ignore combien de séances son propriétaire a faites cette semaine. Le sac, lui, n’a pas raté une sortie.

Il transporte peut-être une tenue de sport. Peut-être un ordinateur, un déjeuner et un abonnement rongé par la culpabilité. Dans tous les cas, la marque voyage. C’est assez brillant : obtenir un panneau publicitaire que le client porte lui-même, puis le laisser remercier l’enseigne parce qu’il était offert.

La plaisanterie dit pourtant quelque chose de sérieux. Avant même de comparer les clubs, certaines marques font déjà partie de notre quotidien. Basic-Fit passe dans la rue. Fitness Park revient dans mon fil sur les réseaux sociaux. La familiarité se construit avant la visite, puis rencontre une contrainte beaucoup plus terre à terre : trouver une salle dans laquelle on réussira réellement à aller.

Car la salle idéale sur Instagram peut devenir une très mauvaise idée si elle exige quarante minutes de trajet après le travail. Celle qui se trouve entre le bureau et la maison possède un avantage qu’aucune machine révolutionnaire ne peut tout à fait compenser. Le plus beau programme du monde reste assez peu efficace lorsqu’on le pratique exclusivement dans sa tête.

Derrière ces arbitrages individuels, le marché est immense. Selon EuropeActive et Deloitte, les clubs européens comptaient 75,5 millions d’adhérents en 2025, contre 71,4 millions l’année précédente, pour un chiffre d’affaires de 39,1 milliards d’euros. En France, les données de l’Union des entreprises Sport & Cycle, reprises par la Health & Fitness Association, situent le nombre d’adhérents autour de 7,7 millions. Des millions de personnes auxquelles il faut donner une raison de pousser une porte, puis de revenir. 

Toutes n’attendent évidemment pas la même chose. Celui qui cherche sa première salle n’arrive pas avec la liste des machines qu’il considère indispensables. Celui qui s’entraîne depuis dix ans peut changer d’adresse précisément parce qu’il en manque une. Entre les deux, il y a ceux qui veulent reprendre, ceux qui préparent une compétition, ceux qui ont besoin d’être accompagnés et ceux qui espèrent simplement trouver une heure pour eux. Les grandes chaînes partagent ce terrain avec des salles indépendantes et des studios spécialisés. Sous un même mot, « fitness », cohabitent des habitudes et des attentes très différentes.

C’est là que la concurrence devient intéressante. Basic-Fit ne se résume pas à son département bagagerie. Son offre associe notamment un accès à un réseau de clubs en France et une application. Selon la formule choisie, d’autres possibilités s’ajoutent, dont l’accès européen ou l’invitation d’un proche. Pour quelqu’un qui bouge beaucoup, ou qui veut intégrer ses séances à une semaine déjà remplie, ces éléments peuvent peser davantage que la présence d’un appareil particulier. 

Mais dès que l’on cherche du matériel, une ambiance et un lieu dans lequel on a envie de passer du temps, Fitness Park rencontre des concurrents qui parlent un langage très proche du sien. ON AIR revendique un univers travaillé autour du design et de la musique, tout en affichant des fabricants comme Technogym, Hammer Strength, gym80 ou Eleiko. Les mêmes noms circulent d’une enseigne à l’autre. Leur présence permet de commencer la comparaison, sans suffire à départager les clubs. Il faut encore regarder le choix des appareils, leur nombre, leur implantation et la place disponible pour s’en servir. 

Et puis il y a les marques qui arrivent avec une histoire déjà chargée. Gold’s Gym, née en Californie en 1965, s’installe à son tour dans le paysage français, avec des adresses à Thiais, au Val d’Europe et à Paris. Le nom porte avec lui tout un imaginaire de la musculation. Là où d’autres doivent construire leurs références, Gold’s Gym dispose de plusieurs décennies de patrimoine à faire entrer dans la salle. Reste à transformer cet héritage en une expérience qui justifie le déplacement. On ne fait pas sa séance avec la légende. Il faut quand même trouver une machine disponible. 

Les territoires se chevauchent donc largement. Basic-Fit travaille aussi son image. ON AIR possède du matériel. Fitness Park dispose d’un réseau. Les réduire chacun à un argument arrangerait bien les tableaux comparatifs, beaucoup moins la réalité. Le prix, les appareils, le décor, les services et l’emplacement comptent partout, dans des proportions différentes.

Pour Fitness Park, afficher du matériel reconnu ne clôt donc pas la discussion. Cela permet d’y entrer. La promesse de valeur doit ensuite tenir dans l’usage : pouvoir varier ses séances, trouver les équipements que l’on recherche, profiter des espaces et des services auxquels son abonnement donne accès. Encore faut-il regarder lequel.

Chez Fitness Park, les formules Classic, Access+ et Ultimate n’ouvrent pas exactement les mêmes possibilités. L’existence d’un équipement ou d’un service dans la communication de l’enseigne ne signifie pas automatiquement qu’il est disponible dans chaque club, ni compris dans chaque abonnement. La promesse se lit sur une affiche. Son périmètre se vérifie dans l’offre que l’on signe. Les services autour de l’entraînement prennent ici toute leur importance, avec des prestations supplémentaires qui peuvent aussi donner envie de monter en gamme. 

Le calendrier mérite également un petit échauffement. Une facturation toutes les quatre semaines représente treize échéances sur cinquante-deux semaines. Douze mois, treize paiements : voilà au moins une répétition supplémentaire qu’on ne risque pas d’oublier. Comparer les enseignes suppose donc de regarder le coût sur l’année, les frais d’inscription, l’engagement et les services inclus. Le tarif affiché en gros ne raconte pas encore toute l’histoire.

Au bout du compte, on choisit autant un club précis qu’une marque. Celui où l’on ira le mardi soir, à l’heure où tout le quartier semble avoir décidé de faire les jambes. Le matériel peut être excellent sur la brochure. Si l’appareil que l’on veut utiliser est systématiquement occupé, la brochure ne prendra pas notre série à notre place.

C’est aussi ce qui rend le développement d’un réseau plus compliqué que l’alignement de nouveaux points sur une carte. Fitness Park associe des clubs exploités en propre et des établissements franchisés, avec des entrepreneurs qui portent localement leur activité sous l’enseigne commune. Le nom sur la façade crée une attente, quel que soit celui qui exploite le lieu. 

Le groupe affiche un objectif de 80 projets d’ouverture par an, dont 50 en France. Il s’agit d’un objectif annoncé, et non d’un décompte d’ouvertures déjà réalisées. Mais l’ordre de grandeur donne la mesure du chantier : presque un projet français par semaine. 

À cette échelle, il faut réussir à reproduire une expérience reconnaissable dans des lieux qui ne se ressemblent pas tous. Les mètres carrés changent, les emplacements aussi, et les attentes des adhérents ne se déduisent pas d’un logo posé en façade. Mes clubs d’Épagny-Metz-Tessy et de Châtenay-Malabry appartiennent au même réseau que celui de Saint-Ouen. Cela ne suffit pas à supposer que leurs adhérents utilisent chaque espace de la même manière.

Le sujet se pose déjà entre la région parisienne et le bassin annécien. Il prend une autre dimension lorsque l’enseigne passe une frontière. Avant même de parler de développement international, il commence pourtant devant les appareils : ceux qu’il faut installer, ceux qu’il faut conserver, ceux dont les pratiquants auront peut-être envie demain.

À Saint-Ouen, c’est précisément ce que je cherche à comprendre avec Florent. Une machine devenue familière sur les réseaux peut faire venir un adhérent. Lorsqu’elle est partout, elle distingue moins les clubs qui la proposent. Il faut donc observer ce qui commence à émerger, comprendre ce qui relève d’une curiosité passagère et repérer ce qui pourrait réellement changer une séance.

Pour celui qui s’entraîne, la découverte commence parfois devant une vidéo. Pour celui qui conçoit la salle, le travail doit avoir commencé avant

Observer avant les autres

Pour Florent, le prochain appareil à installer n’est donc pas forcément celui que les adhérents réclament déjà. Une partie de son travail consiste à repérer ce qui commence à les intéresser : une manière de s’entraîner, un mouvement, un fabricant dont les machines apparaissent de plus en plus dans les vidéos. Lorsque les demandes arrivent à l’accueil, l’envie a parfois eu le temps de faire son chemin. L’enseigne a intérêt à avoir commencé le sien.

C’est ce que je retiens de notre échange à Saint-Ouen. L’innovation suppose de regarder au-delà du catalogue des fournisseurs habituels. Les réseaux sociaux permettent notamment de voir circuler des pratiques et de découvrir des équipements que certains adhérents auront ensuite envie d’utiliser. Les repérer peut donner une raison supplémentaire de choisir Fitness Park. Mais entre une vidéo qui attire l’attention et une machine qui mérite sa place dans un club, il reste du travail.

Cette exploration passe aussi par des essais et des échanges avec les fabricants. Dans un entretien publié en 2025 par Health Club Management, Philippe Herbette évoquait des équipes testant du matériel et des concepts au Royaume-Uni, ainsi que des expérimentations menées plusieurs fois par an. Il précisait également que la capacité de recherche et développement de Technogym avait compté dans les discussions avec le fournisseur. L’enjeu annoncé était de faire évoluer l’offre et d’observer ce qui plaît aux adhérents. 

Les nouveautés doivent toutefois trouver leur place dans une salle où tout le monde ne vient pas avec les mêmes connaissances. Le passionné qui reconnaît un appareil après trois secondes de vidéo partage le plateau avec quelqu’un qui cherche encore comment régler son siège. Concevoir uniquement pour le premier reviendrait à oublier une bonne partie des gens qui poussent la porte. Et une machine peut donner envie à l’un tout en laissant l’autre parfaitement perplexe.

Cette différence me ramène à une organisation que j’ai remarquée dans les clubs que je fréquente. Les appareils de cardio et les machines de musculation guidée Technogym occupent les premiers espaces. Plus loin, les poids libres et les équipements Hammer Strength ou gym80 attirent des pratiquants plus aguerris. Ce n’est pas une frontière officielle. Personne ne demande ton maximum au développé couché avant de te laisser passer. Mais la succession des espaces change ce que l’on voit en entrant.

Technogym constitue un repère familier. Né en Italie en 1983, le fabricant est l’un des grands noms mondiaux du matériel de fitness, avec des équipements de cardio et de musculation destinés à différents niveaux de pratique. Ses appareils ne sont donc pas réservés aux débutants. Dans cette implantation, ils offrent néanmoins un premier contact avec la salle, avant les barres et les disques que l’on distingue plus loin. 

Ce qui me frappe, ce sont aussi les personnes autour. On peut voir des gens qui débutent, hésitent sur un réglage ou s’entraînent sans avoir un physique de compétition. Pour quelqu’un qui franchit la porte avec une certaine appréhension, cette première image peut compter. Elle suggère qu’on n’a pas besoin d’avoir déjà le corps que l’on vient chercher pour se sentir à sa place. Je ne peux pas en déduire que chaque détail de l’implantation poursuit cette intention. C’est, en revanche, l’effet que cette disposition peut produire à mes yeux.

Une machine guidée donne également quelques points de départ : un siège, une charge à sélectionner, un mouvement à identifier. Il faut encore apprendre à la régler et à l’utiliser, mais on peut commencer à construire ses repères. Au fil des séances, le lieu devient plus lisible. On reconnaît les appareils, on sait lesquels correspondent à son programme, puis on ose aller voir ce qui se passe un peu plus loin.

À l’inverse, le pratiquant expérimenté peut arriver avec une demande très précise. Il cherche une trajectoire qui lui convient, un réglage particulier ou une variante qu’il ne trouve pas dans son club actuel. Deux machines qui semblent identiques au premier regard ne lui paraissent pas nécessairement interchangeables. Réunir plusieurs fabricants prend alors un sens concret. Au-delà des noms en néons, il faut que leurs appareils apportent quelque chose à la séance. Je le constate dans mes propres séances. Depuis que j’ai découvert les appareils gym80, ils sont devenus mes préférés sur le plateau de musculation, avec ceux de Hammer Strength. Ce sont des noms auxquels je prête désormais attention parce que je sais que j’aime m’entraîner sur leurs machines. Leur présence fait partie des raisons pour lesquelles je reste chez Fitness Park. Ce qui pouvait n’être qu’un logo au départ est devenu un critère de choix, puis une habitude à laquelle je tiens.

C’est là que le travail de sélection devient délicat. Une référence très attendue peut satisfaire les habitués et attirer de nouveaux adhérents. Elle peut aussi faire doublon avec un équipement déjà présent. L’intérêt dépend de ce qu’elle permet, de la facilité avec laquelle on se l’approprie et de la place qu’elle prendra dans les habitudes. Une belle vidéo montre un mouvement pendant quelques secondes. Le club doit accueillir des utilisateurs différents, toute la journée.

Pour l’adhérent que je suis, le verdict devient assez simple une fois l’effet de découverte passé. Est-ce que je retourne sur cet appareil ? Est-ce qu’il trouve sa place dans mon entraînement ? La nouveauté qui reste disponible pendant que plusieurs personnes attendent toujours devant la même poulie raconte autre chose que son lancement. Elle peut avoir un intérêt pour certains pratiquants, mais elle ne répond pas forcément au besoin le plus pressant du plateau.

Observer les tendances et regarder les usages doivent donc aller ensemble. Les premières indiquent ce qui pourrait donner envie. Les seconds permettent de comprendre ce qui sert réellement. Entre les deux, Florent doit penser une salle capable de continuer à intéresser ses habitués tout en restant accessible à ceux qui commencent. C’est moins spectaculaire qu’une annonce de nouvelle machine, mais c’est ce qui rend le travail intéressant : choisir pour des séances qui n’auront pas toutes les mêmes objectifs.

Une fois l’appareil retenu, le travail n’est pourtant pas terminé. Sur le plan du club, son emplacement est déjà occupé. Pour lui faire une place, il faudra décider ce qui part, ce qui se déplace ou ce qui se partage. Et c’est généralement à ce moment-là que la nouveauté commence à bousculer les habitudes.

Une salle en bêta permanente

Sur le papier, ajouter une machine semble assez simple. Dans un club qui fonctionne déjà, elle arrive avec une question moins enthousiasmante : à la place de quoi ? Les murs ne reculent pas à chaque nouveauté du catalogue. Il faut déplacer, réorganiser, parfois retirer un appareil auquel certains adhérents sont attachés. Celui que personne ne semblait utiliser devient d’ailleurs curieusement indispensable le jour où l’on décide de l’enlever.

C’est là que le travail sur le concept rencontre les habitudes. Je peux avoir envie de découvrir une nouvelle machine et très moyennement apprécier qu’elle remplace celle sur laquelle je faisais mes séries depuis six mois. À l’échelle d’une salle, ces préférences se multiplient. Faire évoluer le plateau suppose de choisir entre des usages, avec une contrainte qui finit toujours par avoir le dernier mot : la surface disponible.

Et la surface disponible ne se calcule pas simplement en regardant ce qui tient entre quatre murs. Une salle de sport accueille du public. Son aménagement doit respecter les exigences de sécurité et d’accessibilité applicables, préserver les cheminements et permettre l’évacuation. Ce passage qui paraît assez large pour accueillir une machine supplémentaire doit peut-être justement rester un passage. 

Il faut aussi prévoir l’espace nécessaire pour utiliser les appareils, s’y installer et circuler autour. La place occupée par une machine ne se limite pas à celle de son châssis. Rapprocher tout le monde de vingt centimètres n’est donc pas une méthode d’agrandissement. Sur le plan, les espaces vides ont eux aussi une fonction. Et lorsqu’on cherche où installer la prochaine nouveauté, une partie de ces mètres carrés n’est tout simplement pas négociable.

Pour mesurer les conséquences de ces choix, il suffit de penser à une séance après le travail. Celle que tu avais organisée avant de découvrir que tout le quartier avait eu la même idée. Ton programme prévoyait un enchaînement précis. La fréquentation vient de t’inscrire à une initiation à l’improvisation. Un appareil se libère à l’autre bout, une poulie reste occupée, tu changes l’ordre, puis éventuellement l’exercice.

À ce moment-là, une machine supplémentaire sur un poste très demandé peut compter davantage qu’une nouveauté spectaculaire. Les poulies illustrent bien le problème. Leur polyvalence permet de travailler plusieurs groupes musculaires, avec des accessoires et des réglages différents. C’est leur intérêt, mais aussi la raison pour laquelle des programmes très différents finissent par se rencontrer au même endroit. Il ne suffit donc pas de constater qu’une salle possède des poulies. Leur nombre et leur disponibilité changent la séance.

Les évolutions que nous évoquons autour du club concernent aussi le cardio : davantage de tapis de course, moins de place accordée à certains vélos assis. Le vélo ne disparaît pas pour autant, et ses utilisateurs n’ont pas soudain perdu tout droit de cité. Il s’agit de rééquilibrer les équipements en fonction des pratiques, avec le risque de déplaire à ceux dont les habitudes deviennent minoritaires. Une machine moins sollicitée peut encore être celle pour laquelle un adhérent vient régulièrement.

Les appareils destinés au travail des fessiers rendent cette transformation particulièrement visible. J’en vois davantage aujourd’hui dans les salles que je fréquente. Le hip thrust dispose de machines dédiées, là où il fallait parfois trouver un banc, installer une barre et préparer autour de soi un petit chantier. L’équipement facilite la mise en place. Il occupe aussi une surface qui aurait pu accueillir autre chose. En installer un, puis éventuellement un second, reste un choix.

Je fais partie de ceux qui les utilisent. Le travail des fessiers appartient à mon entraînement, sans que j’aie besoin d’une autorisation spéciale pour m’asseoir sur la machine. Ces appareils répondent à des objectifs de pratique, chez les femmes comme chez les hommes. Leur développement et celui des espaces réservés aux femmes racontent donc deux choses différentes.

Dans certains clubs, les espaces Lady permettent aux adhérentes qui le souhaitent de s’entraîner dans une zone dédiée, avec plusieurs possibilités de pratique. Ce choix d’environnement s’ajoute à l’offre du club. Il ne résume pas la place des femmes sur le plateau, où elles utilisent aussi les charges libres, les poulies et les autres appareils. Pour l’exploitant, réserver une zone suppose de lui donner une surface et un équipement suffisants, tout en maintenant de bonnes conditions d’entraînement dans les espaces partagés. 

À mesure que les activités se diversifient, les arbitrages deviennent plus complexes. Burning Park associe cardio et renforcement musculaire dans des séances à haute intensité. Fight Park fait entrer les pratiques de combat dans le club, avec notamment des sacs de frappe et, selon les installations, un ring et des séances encadrées. Ces espaces ont besoin d’une implantation adaptée. On ne les ajoute pas entre deux machines comme on pose une plante à l’accueil. 

Fight Park pose en plus une question que les mètres carrés ne suffisent pas à résoudre. Un espace de combat doit donner envie à quelqu’un qui connaît la boxe d’y travailler, tout en restant abordable pour celui qui n’a jamais mis de gants. Le premier attend du matériel et des conditions de pratique crédibles. Le second peut surtout se demander s’il a le droit d’être là, et s’il ne risque pas de servir de démonstration.

Cette appréhension compte. Le ring, les sacs, les gestes maîtrisés des habitués peuvent attirer autant qu’ils peuvent intimider. Un débutant venu essayer quelques exercices ne doit pas avoir le sentiment d’entrer dans le vestiaire d’un gala de MMA. À l’inverse, transformer l’espace en simple décor ferait perdre son intérêt à ceux qui veulent réellement s’y entraîner. L’équilibre se joue dans l’accueil, les règles d’utilisation et les possibilités d’encadrement, autant que dans le choix des équipements.

Il ne s’agit pas de considérer les pratiquants expérimentés comme une menace. Leur présence peut au contraire rendre un lieu vivant et donner envie d’apprendre. Mais l’espace ne doit pas sembler leur appartenir exclusivement. C’est une exigence à laquelle on peut juger ce type d’offre : permettre de progresser sans demander d’être déjà initié pour oser franchir les quelques mètres qui séparent le plateau du sac de frappe.

On retrouve finalement la même question dans toute la salle. Multiplier les possibilités ne suffit pas si certaines restent difficiles d’accès, parce qu’elles sont saturées, mal comprises ou intimidantes. L’adhérent paie pour pouvoir s’entraîner. Comprendre les contraintes du club ne l’oblige pas à trouver normal de renoncer chaque soir à une partie de son programme.

Et puis il y a les obstacles que les pratiquants ajoutent eux-mêmes. La presse laissée chargée comme si le suivant avait réservé un déménagement. La serviette absente. L’appareil occupé pendant une conversation qui pourrait parfaitement se poursuivre debout, deux mètres plus loin. Le téléphone en haut-parleur qui t’offre un accès privilégié à une dispute dont tu ne connaissais aucun des protagonistes. Une salle rassemble des gens venus prendre soin d’eux. Cela n’empêche pas certains d’oublier assez vite les autres.

Ces comportements ne sont propres à aucune enseigne. Ils rappellent simplement qu’une séance dépend aussi des règles de vie commune et de la manière dont elles sont appliquées. Récupérer entre deux séries fait partie de l’entraînement. Faire d’une machine son bureau temporaire relève d’un autre abonnement. La présence des équipes et leur capacité à intervenir comptent ici autant que les rappels affichés sur les murs.

Il faut toutefois distinguer ces incivilités du problème de capacité. Une salle peut être pleine de gens courtois et manquer malgré tout de postes disponibles. Tout ne se règle pas en demandant aux adhérents de mieux se comporter. Le nombre d’appareils, leur répartition, la circulation et la concentration des arrivées ont leurs propres effets. À l’inverse, doubler les machines ne supprimera pas toutes les difficultés si personne ne les décharge ou n’accepte de partager lorsque c’est possible.

C’est ce qui oblige à regarder les clubs individuellement. Entre Châtenay-Malabry et Épagny-Metz-Tessy, je retrouve une enseigne et des repères communs. Mais pour décider d’une implantation, il faut connaître les heures chargées, les équipements demandés, la surface disponible et les habitudes des adhérents du lieu. Le nom de la ville ne fournit pas le programme d’entraînement de ses habitants. L’observation du club, elle, peut aider à comprendre ce qui manque.

La réponse peut aussi dépasser le bâtiment. Parmi les pistes évoquées pour faire face à la saturation figure l’ouverture d’un autre Fitness Park à proximité, afin d’offrir une alternative et de répartir la fréquentation. L’intention doit ensuite se confronter aux trajets réels. Une nouvelle adresse n’est utile à un adhérent que si elle s’intègre à sa journée. Quelques kilomètres peuvent être faciles à parcourir en voiture et peu pratiques à pied en sortant du travail. Ouvrir à côté et désengorger effectivement le premier club ne sont donc pas exactement la même chose.

La croissance du réseau rejoint ici une préoccupation très quotidienne : réussir à faire sa séance. Nous retrouverons cette question lorsque l’enseigne changera d’échelle et de pays. À l’intérieur du club, elle oblige déjà à reprendre les choix, à ajuster les espaces et à accepter qu’une salle ne soit jamais complètement terminée.

Jusqu’ici, il fallait surtout faire cohabiter des séances différentes. Avec les compétitions hybrides, un même pratiquant veut désormais courir, tirer, pousser et porter dans son entraînement. Il ne cherche plus seulement des appareils disponibles. Il prépare une épreuve et attend de sa salle qu’elle lui permette de s’y préparer. Avec HYROX et ATHX, cette attente prend un nom, des règles et une date dans le calendrier.

HYROX, ATHX, Heroes : la séance prend rendez-vous

Dans ma semaine, je cours et je fais de la musculation. Avec HYROX, les deux se retrouvent dans la même épreuve. Et entre les kilomètres, personne n’a prévu de te laisser simplement reprendre ton souffle. Il faut pousser un traîneau lesté, tirer, ramer, porter des charges, puis repartir courir. Le matériel que l’on utilise séparément à la salle compose ici un parcours dont on ne choisit ni l’ordre ni les exercices en fonction de son humeur.

Le principe se retient facilement : huit kilomètres de course, découpés en portions d’un kilomètre, chacune suivie d’un atelier. Les huit ateliers comprennent notamment le SkiErg, la poussée et la traction de traîneau, les burpees avec saut en longueur et le rameur. Le parcours se termine par les wall balls, qui associent un squat et un lancer de ballon contre une cible. Les mouvements peuvent être familiers. Leur accumulation l’est beaucoup moins. 

Car courir après avoir poussé une charge n’a plus grand-chose à voir avec les premières minutes tranquilles d’une sortie. Il faut repartir avec la fatigue de l’atelier précédent, trouver une allure que l’on pourra tenir et garder de quoi terminer. Celui qui aime la musculation doit composer avec la course. Celui qui aime courir découvre que son endurance ne poussera pas le traîneau à sa place. Le format oblige à travailler les passages que l’on aurait volontiers évités dans sa séance habituelle.

Pour le pratiquant, l’inscription change alors quelque chose de très concret : il y a une date. On ne vient plus simplement avec l’intention de progresser. On prépare une épreuve dont on connaît les exigences. Le rameur, les charges et la piste destinée au traîneau deviennent les éléments d’un même entraînement. On cherche à mieux exécuter un mouvement, à enchaîner sans s’effondrer ou à perdre moins de temps sur son point faible.

Fitness Park s’est associé à HYROX dès sa première date française, organisée à Paris en novembre 2023, comme sponsor titre de l’événement. L’enseigne indique aussi que certains clubs disposent de zones consacrées à sa préparation. Le rapprochement relie donc le lieu où l’on s’entraîne à celui où l’on vient se mesurer, même si tous les clubs ne proposent pas les mêmes installations. 

L’intérêt marketing commence précisément là. Une publicité peut affirmer qu’une salle aide à progresser. Une compétition donne à cette promesse un rendez-vous visible, avec une ligne de départ, un effort et un résultat. En associant son nom à HYROX, Fitness Park se présente comme un lieu où préparer cette expérience. Pour quelqu’un qui cherche une salle en vue de l’épreuve, c’est un argument possible, à condition de retrouver sur place les équipements dont il a besoin.

L’association permet aussi de rencontrer des pratiquants qui ne se reconnaissent pas forcément dans l’image classique de la musculation. Un coureur peut chercher à développer sa force. Un habitué des poids libres peut vouloir éprouver son endurance. Le partenariat donne une occasion de parler aux deux sans leur demander de renoncer à ce qu’ils aiment déjà. La salle devient le lieu où ils travaillent ce qui leur manque.

Et puis la compétition produit des images. Une préparation, un départ, un passage difficile, une arrivée avec des proches : il y a davantage à raconter qu’une série supplémentaire sur une machine. Les participants peuvent partager ce parcours sur les réseaux, avec les marques associées à l’événement dans le décor. Pour Fitness Park, l’intérêt potentiel est de rester présent dans cette histoire, depuis les séances jusqu’au jour de course. Cela ne permet pas de compter automatiquement des abonnements gagnés, mais explique pourquoi ce type de partenariat dépasse la simple présence d’un logo.

En 2026, l’enseigne a également annoncé son association avec ATHX, à l’occasion de son arrivée en France. Né au Royaume-Uni, ce format organise une expérience d’environ deux heures trente autour de six zones, comprenant la préparation, des épreuves de force et d’endurance, un circuit d’efforts enchaînés et des temps de récupération. Il ne s’agit donc pas de deux heures trente à intensité maximale, malgré ce que pourrait laisser imaginer un communiqué un peu trop enthousiaste. 

La différence avec HYROX est importante. Chez HYROX, la course revient entre chaque atelier et structure toute l’épreuve. ATHX distingue davantage les moments consacrés aux différents efforts, avec de la récupération prévue dans le parcours. On retrouve la volonté de tester plusieurs aptitudes, mais une autre manière de les combiner. Ce ne sont pas deux noms posés sur exactement la même compétition.

Pour Fitness Park, les accompagner tous les deux permet de parler du fitness hybride au-delà d’un seul rendez-vous. L’enseigne peut s’adresser à ceux qu’attire la course entre les ateliers comme à ceux qui préfèrent un autre découpage des efforts. S’associer à ATHX lors de son implantation française lui donne aussi une place dès les débuts du format dans le pays. L’intérêt est double : se rendre visible auprès de ses premiers participants et montrer que l’offre de préparation peut évoluer avec leurs envies.

Cela reste un pari commercial. Un partenariat n’assure ni le succès durable d’une discipline ni la fidélité de ceux qui la pratiquent. Et l’effet peut être décevant si l’adhérent découvre un décalage entre l’événement mis en avant et ce qu’il peut réellement préparer dans son club. Le marketing attire l’attention. Le plateau doit ensuite tenir sa part du contrat.

L’association entre force et endurance, elle, n’a pas attendu ces marques pour exister. Ce qu’elles apportent, c’est une épreuve identifiable autour de laquelle organiser sa pratique. On peut préparer la même compétition qu’un ami, comparer ses expériences et envisager de recommencer. Pour une salle, cette perspective est intéressante : une échéance peut donner une raison de revenir régulièrement, puis une nouvelle inscription relancer la préparation. C’est un mécanisme possible de fidélisation, pas une garantie. Il faut encore que les séances donnent envie de continuer.

Mais pour se mesurer aux autres, les adhérents n’ont pas forcément besoin de quitter leur salle. Fitness Park possède son propre rendez-vous, les Heroes, avec quatre épreuves annoncées autour de la vitesse, de la force, de la résistance et de l’intensité. Dans la présentation de l’édition 2026, on retrouve notamment les tapis de course et les Assault Bikes, le développé couché, le squat, ainsi que des exercices d’endurance musculaire et un circuit mêlant plusieurs mouvements. Cette fois, le matériel familier sert à établir une performance dans un cadre commun. 

On peut se croiser pendant des mois sur un plateau sans échanger autre chose qu’un « il te reste combien de séries ? ». Une compétition organisée dans le club offre une autre occasion de se rencontrer. On peut participer, regarder ou encourager. Le voisin que l’on connaît uniquement comme « celui qui prend toujours les haltères dont j’ai besoin » peut soudain devenir quelqu’un dont on suit la tentative. Le club dispose alors d’un événement à lui, avec ses participants et leurs histoires.

La logique marketing diffère un peu de celle des partenariats. Avec HYROX et ATHX, Fitness Park associe son nom à des compétitions extérieures. Avec Heroes, l’enseigne organise son propre rendez-vous et peut mettre ses adhérents au premier plan. Elle a une occasion de faire vivre le réseau à travers autre chose que les ouvertures et les offres d’abonnement. Les participants peuvent aussi y trouver une première expérience de compétition dans un environnement qu’ils connaissent.

Les catégories comprennent le solo féminin, le solo masculin et le duo mixte. L’inscription est annoncée gratuite, avec un prélèvement de 30 euros prévu en cas d’absence sans annulation au moins 48 heures avant l’événement. L’accès financier est donc facilité, mais l’engagement à participer reste réel. 

Il faut néanmoins préserver une place pour ceux que tout cela n’intéresse pas. La compétition peut donner un objectif, créer des rencontres et stimuler une préparation. Elle peut aussi intimider. Une enseigne qui accueille des profils différents doit pouvoir faire vivre ces rendez-vous sans transformer le reste des adhérents en figurants. On conserve parfaitement le droit de venir travailler son dos sans annoncer une date de qualification à l’accueil.

C’est tout l’enjeu pour Fitness Park : tirer parti de l’attrait de ces épreuves, accueillir ceux qui les préparent et continuer à servir ceux qui viennent pour d’autres raisons. Les partenariats peuvent faire connaître l’enseigne. Une préparation satisfaisante peut donner envie d’y rester. Entre les deux, il y a des séances ordinaires, des équipements disponibles et un accompagnement à la hauteur de ce que chacun attend.

Tout le monde n’a pourtant pas besoin d’un classement pour vouloir constater ses progrès. À Saint-Ouen, il existe aussi une cabine où l’on peut photographier l’évolution de son physique. Après le chronomètre, le miroir. Et cette fois, on conserve l’image.

S’entraîner ne suffit plus

    Il y a un endroit dans la salle où l’on ne vient ni soulever une charge ni courir. On y entre avec son téléphone. Plusieurs miroirs permettent de se photographier sous différents angles, et l’éclairage a été étudié pour ces images. J’avais remarqué cet espace à Saint-Ouen. Je l’ai aussi retrouvé dans l’un de mes clubs habituels, après sa rénovation. Au milieu des équipements destinés à faire travailler le corps, quelques mètres carrés sont consacrés à le regarder.

    « Cabine à selfies » donne une idée du principe, même si l’expression peut faire penser à un photomaton. Ici, c’est l’adhérent qui prend sa photo. Les miroirs et la lumière composent le cadre. On peut garder une trace de son physique, essayer une pose ou préparer une image à partager. Rien n’oblige à la publier. Elle peut très bien rester dans le téléphone et ne servir qu’à soi.

    C’est ce qui m’intéresse dans cet aménagement. Se photographier à la salle n’a rien de nouveau. Lui réserver un espace signifie en revanche que cette pratique est prise en compte dans la conception du club. On ne se contente plus du miroir disponible entre deux casiers. Le lieu est préparé pour l’image, avant même que l’on sorte son téléphone.

    On retrouve là ce que Florent m’expliquait sur l’éclairage, avec une application très concrète. Pour celui qui veut suivre l’évolution de son physique, la photo permet de conserver un point de comparaison. Pour celui qui souhaite montrer sa séance ou son apparence du moment, elle offre un cadre adapté. Les deux usages peuvent d’ailleurs cohabiter. On peut vouloir constater ses progrès et être assez content du résultat pour que quelques personnes en profitent.

    Il faudra simplement éviter d’accorder à trois semaines d’entraînement tout le mérite d’une lumière particulièrement coopérative. Une posture, un angle et un éclairage changent déjà beaucoup la façon dont un corps apparaît. La photo conserve une image. Elle ne dit pas, à elle seule, ce qui a changé ni pourquoi. Mais elle répond à une attente : rendre visible quelque chose que l’on cherche parfois depuis plusieurs mois.

    Cette cabine raconte aussi une autre manière pour Fitness Park d’apparaître sur les réseaux. Dans le bloc précédent, les compétitions fournissaient des images de départ, d’effort et d’arrivée. Ici, l’adhérent produit les siennes au sein du club. Lorsqu’il les partage et identifie le lieu, la salle peut bénéficier de cette visibilité. C’est un intérêt marketing possible de l’aménagement, sans qu’il soit nécessaire de réduire chaque photo à une publicité.

    L’image n’est toutefois qu’une façon de suivre son évolution. À Saint-Ouen, les appareils de mesure de composition corporelle proposent d’autres repères. Là où la balance donne un poids total, ces dispositifs affichent notamment des estimations de masse grasse et de masse musculaire. Ils invitent à regarder au-delà du chiffre que l’on connaît déjà.

    Le mot « estimation » compte. Ces résultats ne doivent pas être traités comme un verdict exact sur son corps, et leur interprétation demande de tenir compte des conditions de mesure. Dans le récit de la salle, leur présence indique surtout que l’on peut venir pour s’entraîner, puis chercher des signes de ce que cet entraînement produit. Aux charges et aux répétitions s’ajoutent des photos et de nouveaux chiffres. On était venu bouger un peu. On peut rapidement se retrouver responsable du reporting de son propre corps.

    Tout le monde n’a pas envie de ce suivi, et il n’est pas nécessaire pour apprécier une séance. Mais pour les adhérents qui le recherchent, le club propose plusieurs outils au même endroit. Une mesure ou une photo peut devenir un rendez-vous que l’on reprend quelques semaines plus tard. Pour l’enseigne, c’est une occasion supplémentaire d’accompagner la pratique dans le temps, au-delà de l’utilisation des machines.

    La visite se poursuit aussi vers des équipements que l’on peut utiliser après l’effort. J’ai vu à Saint-Ouen un espace avec des Theragun, ces appareils de massage à percussion, ainsi que des sièges d’hydromassage. Après les endroits où l’on travaille, voici ceux où l’on peut prendre quelques minutes avant de repartir.

    Le changement paraît discret, mais il modifie la fin de la séance. On a terminé son programme sans avoir nécessairement terminé sa visite. On peut s’attarder, essayer un massage ou chercher un moment de détente. Le club accueille alors une attente assez simple : profiter aussi du temps qui suit l’effort.

    Il faut garder des mots précis sur ce que ces appareils apportent. Un moment agréable ou une sensation de relâchement ont une valeur en eux-mêmes. Cela ne permet pas de promettre que chaque dispositif accélérera la récupération ou améliorera les performances. Pour comprendre leur place dans le club, on peut déjà regarder ce que les adhérents en font, sans transformer chaque siège en centre de réparation musculaire.

    Les plateformes vibrantes, également présentes dans cet ensemble d’équipements, demandent d’être distinguées des massages. Elles correspondent à un autre usage. Les réunir sous une grande étiquette « récupération » rendrait la présentation plus commode, mais moins précise. La salle rassemble ici plusieurs services autour du corps, dont l’intérêt dépend de ce que chacun vient chercher.

    Les fontaines Yanga complètent cette offre avec des boissons. À première vue, elles semblent assez éloignées de la cabine à miroirs ou de l’hydromassage. Pourtant, tous ces équipements élargissent ce que l’on peut faire pendant une visite. On vient s’entraîner, remplir sa gourde, prendre une mesure ou prolonger la séance par un moment de détente. À condition que le service soit disponible dans le club et compris dans la formule choisie.

    C’est là que l’offre commerciale rejoint les habitudes. Réunis, ces services peuvent donner envie de choisir un abonnement supérieur. Pris séparément, ils n’ont pas la même valeur pour tout le monde. Un siège d’hydromassage utilisé chaque semaine représente un avantage concret. Celui que l’on a essayé pendant la visite d’inscription, puis oublié pendant six mois, a surtout bien travaillé le jour de la vente.

    La question n’est donc pas de considérer ces équipements comme des gadgets ou, à l’inverse, comme des indispensables. Il faut regarder lesquels entrent réellement dans sa pratique. Fitness Park cherche à donner davantage de raisons de choisir son offre et de rester dans ses clubs. L’adhérent, lui, peut apprécier ces possibilités tout en décidant qu’une partie ne lui sert pas.

    La cabine à miroirs reste, pour moi, le détail le plus révélateur de cette évolution. Elle montre à quel point la salle accueille désormais des gestes qui entourent l’entraînement : se regarder, conserver une image, comparer, éventuellement partager. Les appareils de mesure et les espaces de détente répondent à d’autres attentes, mais ils prolongent eux aussi la visite au-delà des séries et du cardio.

    Une fois sorti, on garde cependant le téléphone avec lequel on a pris la photo. Il peut aussi contenir le programme, les performances enregistrées et le prochain objectif. Le club ferme derrière soi, mais une partie du suivi continue sur l’écran. C’est précisément la place que l’application cherche à prendre.

    Faire revenir l’adhérent

    Le téléphone nous accompagnait déjà entre les machines. Il fournissait la musique, le chronomètre et quelques excellentes occasions de prolonger un temps de récupération. Avec son application, Fitness Park cherche à lui donner un rôle dans la séance elle-même. Car une fois entré dans une salle bien équipée, il reste parfois une difficulté assez simple : savoir par quoi commencer.

    La nouvelle application met notamment en avant des programmes construits avec les coachs de l’enseigne, des vidéos d’exercices et des séances générées avec l’aide de l’intelligence artificielle. Le QR code d’accès et le programme de fidélité LEVEL UP sont également intégrés. Le même écran permet ainsi de franchir le portique, de chercher un entraînement et de retrouver son statut d’adhérent. 

    Pour quelqu’un qui débute, disposer d’une séance à suivre peut éviter de choisir les appareils uniquement parce qu’ils sont libres ou que leur fonctionnement paraît compréhensible. Le pratiquant habitué attendra peut-être autre chose : une proposition adaptée à son objectif, un exercice à découvrir ou une explication à consulter. L’intérêt dépend de ce que l’application permet réellement de faire, sans compliquer une organisation qui fonctionne déjà.

    L’IA intervient à cet endroit. Selon les conditions d’utilisation de Fitness Park, elle s’appuie sur les renseignements fournis par l’utilisateur, notamment ses objectifs, son niveau et ses préférences, pour élaborer des propositions d’entraînement et des recommandations. C’est la personnalisation annoncée par l’enseigne. Pour en juger la pertinence, il faudrait examiner les séances produites et les possibilités de les adapter, ce que notre visite ne suffit pas à établir. 

    La promesse répond néanmoins à un besoin concret : ne pas repartir de zéro chaque fois que l’on prépare son entraînement. Si l’outil m’aide à savoir quoi faire, je peux prendre l’habitude de le consulter avant de venir. Il devient utile dans ma pratique et donne à Fitness Park une place dans la préparation de mes séances. Encore faut-il que les propositions tiennent la route. Une vidéo peut m’expliquer un mouvement, mais elle ne regarde pas celui que je suis en train de faire.

    Avec LEVEL UP, le téléphone s’intéresse à autre chose : mes passages dans le club. Gratuit et inclus dans les abonnements, ce programme attribue des niveaux selon la fréquentation des trois derniers mois. On devient Machine à partir de 25 passages, puis Goat à partir de 50, avec un seul passage comptabilisé par jour. L’ancienneté fait également évoluer le badge. 

    On était venu faire un peu de sport. Nous voilà potentiellement GOAT, titre qui exige habituellement quelques décennies de carrière et un débat interminable sur Michael Jordan. Le choix des mots n’a rien d’anodin. Il transforme une fréquence de visite en statut, avec un niveau à atteindre, puis éventuellement à conserver.

    Le programme récompense toutefois exactement ce qu’il mesure : la présence dans l’enseigne. Une sortie à vélo ne fait pas monter mon niveau chez Fitness Park. Elle compte pourtant dans ma semaine de sport, comme mes séances de course. Le badge ne résume donc pas mon activité physique. Il reconnaît mon assiduité dans les clubs, sans dire à lui seul ce que j’y fais ni comment je progresse.

    Les avantages annoncés comprennent des offres partenaires, des accès prioritaires à certains événements et davantage de chances dans les tirages au sort associés aux challenges. Terminer un challenge peut ouvrir l’accès à un tirage, sans garantir un cadeau. Le niveau peut aussi diminuer lorsque la fréquentation baisse, avec un avertissement prévu avant sa perte. 

    C’est là que la mécanique commerciale devient intéressante. Obtenir un statut peut donner envie de revenir. Ne pas vouloir le perdre peut produire le même effet. La séance supplémentaire aide alors à préserver quelque chose que l’on possède déjà. La salle reprend un ressort familier des jeux : rendre la progression visible et donner une raison de poursuivre.

    Certains adhérents apprécieront ce petit encouragement. D’autres ne regarderont jamais leur niveau. Il n’est pas nécessaire que tout le monde s’y attache pour que le programme présente un intérêt pour l’enseigne. Mais nous n’avons pas ici de données permettant de mesurer les visites ou les renouvellements qu’il provoque. Nous pouvons décrire l’incitation, pas lui attribuer un résultat commercial démontré.

    Le lien avec les événements compte aussi. Donner accès plus tôt à une inscription ou proposer un avantage autour d’un rendez-vous du réseau permet de relier la fréquentation quotidienne à ce qui se passe au-delà des séances. Les Heroes, évoqués plus tôt, retrouvent ainsi une place dans le parcours de l’adhérent. Celui qui s’intéresse à ces événements peut trouver une utilité au statut. Pour un autre, les mêmes avantages auront peu de valeur.

    Ultimate répond à une logique différente. Le programme de fidélité encourage la fréquentation. La formule supérieure propose davantage de services contre un abonnement plus élevé. Les équipements de récupération et les autres prestations prennent leur sens lorsqu’ils entrent réellement dans les habitudes. L’application peut aider à organiser la séance, LEVEL UP peut ajouter une motivation, mais aucun des deux ne permet de décider à la place de l’adhérent si ces services justifient son supplément.

    On voit ainsi se préciser la place du téléphone dans l’offre Fitness Park. Au départ, il peut répondre à une question pratique : ce que je vais faire aujourd’hui. Puis il enregistre mes passages, affiche un niveau et me montre ce qui reste à atteindre. L’aide à l’entraînement et la fidélisation se retrouvent dans la même application, avec des fonctions qu’il vaut mieux distinguer pour comprendre ce que chacune apporte.

    Avec LEVEL UP, passer la porte de la salle permet donc aussi de monter de niveau. Fitness Park a repris une mécanique familière aux joueurs. Dans Fortnite, l’enseigne va jusqu’à leur proposer un autre terrain.

    Fitness Park entre dans Fortnite

    Cette fois, on peut construire son Fitness Park sans chercher un local ni négocier un bail. Il faut lancer Fortnite. Avec « Build Your Body », l’enseigne propose un espace de jeu où l’on relève des défis, gagne des pièces virtuelles et développe sa propre salle. Après avoir passé plusieurs séances à attendre qu’un appareil se libère, devenir propriétaire du club peut avoir un certain charme. 

    L’expérience, lancée en octobre 2026, propose d’alterner six défis virtuels et six exercices physiques. Courses d’obstacles, sprints et réflexes à l’écran. Pompes, squats et gainage devant celui-ci, sans équipement particulier. Le jeu appartient au genre « tycoon » : on développe progressivement son activité en réinvestissant ce que l’on gagne. Ici, les pièces permettent d’améliorer sa salle Fitness Park et les capacités de son personnage, puis de recommencer pour tenter de battre son temps. 

    Le lien avec LEVEL UP apparaît assez vite, mais la démarche change. Le programme de fidélité compte les visites de ceux qui ont déjà un abonnement. Fortnite permet à Fitness Park de rencontrer ceux qui n’en ont pas. Le joueur n’est pas venu chercher une salle de sport. Il faut commencer par lui donner envie de rester dans la partie.

    La marque entre donc dans ce que l’on fait. On ne passe pas simplement devant son nom entre deux séquences : on construit un club à son enseigne. Si l’expérience plaît, le joueur peut y passer du temps, revenir et se familiariser avec cet univers avant même d’envisager une inscription. C’est l’intérêt marketing du pari. Fitness Park essaie de prendre une place dans un loisir que son public a déjà choisi.

    Encore faut-il proposer un jeu auquel on ait envie de jouer. La présentation de l’opération décrit ses règles, mais ne suffit pas à juger son intérêt manette en main. Fitness Park indique avoir confié la conception de la carte à des spécialistes, avec RushBee et CoSpirit parmi ses partenaires. Dans Fortnite, le concurrent n’est plus seulement une autre enseigne de fitness. C’est aussi la prochaine expérience que le joueur peut lancer dès qu’il s’ennuie. 

    Il n’est pas nécessaire, pour comprendre ce rapprochement, d’imaginer un joueur qu’il faudrait arracher à son canapé. Jouer et s’entraîner peuvent appartenir à la même semaine. Le goût du défi, l’envie de réussir un passage difficile ou de battre un résultat peuvent exister des deux côtés. Fitness Park s’appuie sur cette proximité pour proposer une rencontre entre les deux activités.

    La promesse physique doit cependant rester à sa juste place. La carte invite à réaliser des exercices devant son écran. Les éléments disponibles ne permettent pas de savoir combien de joueurs les font effectivement. On peut décrire une invitation à bouger, pas affirmer que l’opération transforme ses participants en pratiquants réguliers.

    Pour faire découvrir le parcours, la campagne passe aussi par Twitch. Des créateurs le montrent en direct à leurs communautés, essaient de terminer les défis et donnent au public une occasion de les suivre. Le spectateur peut comprendre le principe en regardant quelqu’un jouer, avant de décider de tenter l’expérience. Fitness Park annonce également une mécanique inspirée des « subathons », ces directs construits autour de la participation des communautés. 

    Ces rendez-vous prolongent le lancement. Une carte mise en ligne peut passer inaperçue. Un créateur que l’on regarde déjà peut donner une raison de la découvrir. L’enseigne bénéficie alors de son exposition auprès d’un public réuni autour de lui. Cela ne signifie pas que tous ses spectateurs joueront, ni que les joueurs prendront un abonnement. La visibilité, la participation et l’inscription en club restent trois résultats différents.

    L’opération prévoit enfin de ramener une partie de ce public dans une salle réelle. Une finale est annoncée à Paris en janvier 2027, avec des joueurs et des créateurs réunis pour des épreuves numériques et physiques dans un club Fitness Park. À la date où nous écrivons, ce rendez-vous reste à venir. Il doit donner une suite à ce qui commence sur les écrans. 

    HYROX et ATHX rapprochaient l’enseigne de personnes souhaitant préparer une compétition. Fortnite lui permet d’aborder un autre public, réuni d’abord par le jeu. L’objectif n’est pas forcément de vendre un abonnement au terme de la première partie. Faire connaître le nom, lui associer un moment apprécié et donner envie d’en savoir davantage constituent déjà des ambitions commerciales. Leur réalisation devra se mesurer. Elle ne découle pas automatiquement de la présence de la marque dans Fortnite.

    Depuis la patate des débuts, Fitness Park a donc trouvé d’autres façons de se présenter. Le sac Basic-Fit croisé dans le métro, les machines reconnues sur les réseaux et le club que l’on construit dans un jeu racontent chacun une manière de rendre une enseigne familière. La décision de s’inscrire viendra peut-être plus tard, lorsqu’il faudra choisir une adresse où s’entraîner.

    Dans Fortnite, quelques pièces virtuelles permettent d’agrandir son club. Dans une zone commerciale, l’opération demande un peu plus de démarches. Il faut trouver le local, financer les machines et comprendre qui viendra s’y entraîner. C’est cette expansion-là qui engage désormais Fitness Park bien au-delà de la France.

    Jusqu’où peut-on agrandir la salle ?

    Dans Fortnite, il suffit de gagner assez de pièces. Dans la réalité, un nouveau Fitness Park commence par un local dont il faut examiner la surface, les accès et les contraintes. Les machines doivent être achetées, installées, entretenues. Il faut recruter une équipe et convaincre suffisamment de personnes de venir régulièrement. Le logo peut faciliter la rencontre. Il ne paie pas le loyer à lui seul.

    Fitness Park développe son réseau avec des clubs exploités en propre et des franchisés. Dans un entretien publié en 2025, Philippe Herbette décrivait alors une répartition d’environ un quart de clubs détenus par le groupe et trois quarts en franchise. Derrière une même enseigne, on trouve donc aussi des entrepreneurs qui investissent dans leur établissement et en assurent l’exploitation. 

    L’accompagnement proposé par le réseau donne une forme concrète à ce que nous avons parcouru avec Florent. Fitness Park présente des équipes chargées de la recherche des locaux, des plans d’implantation, du cahier des charges et des commandes d’équipements. Le candidat ne choisit pas simplement un nom à poser sur une façade. Il rejoint une organisation qui fournit une partie des outils nécessaires pour construire et faire fonctionner son club. 

    Pour l’adhérent, cela devrait se traduire par des repères. C’est ce que je recherche lorsque je passe de Châtenay-Malabry à Épagny-Metz-Tessy : retrouver un environnement dans lequel je peux faire ma séance sans tout réapprendre. Je n’ai pas besoin que les deux salles soient identiques. En revanche, je m’attends à une qualité de matériel et à des conditions d’entraînement cohérentes avec le nom inscrit à l’entrée.

    Une campagne nationale parle au nom de toute l’enseigne. La séance se déroule dans un établissement précis, à une heure précise, avec l’équipe présente ce jour-là. Un appareil en panne ou un problème d’accueil ne sera pas vécu comme une difficulté dans l’organisation d’un réseau. Pour l’adhérent, c’est son Fitness Park qui fonctionne mal. La distinction entre franchise et exploitation en propre risque de l’intéresser assez peu lorsqu’il doit renoncer à un exercice.

    Le développement engage aussi des sommes importantes. Sur sa page destinée aux candidats français, le groupe affiche notamment un apport personnel à partir de 400 000 euros et un investissement global à partir de 1 200 euros par mètre carré. Ces conditions annoncées doivent être examinées pour chaque projet, mais elles donnent une idée de l’échelle. Avant la première série du premier adhérent, il y a déjà beaucoup d’argent dans la salle. 

    À l’international, Fitness Park s’appuie notamment sur la master franchise. Un partenaire reçoit la responsabilité de développer l’enseigne sur un territoire défini. Le groupe cite cinq marchés concernés : l’Espagne, le Maroc, le Portugal, l’Italie et la Belgique. Cette liste décrit ses accords de développement. Elle ne signifie pas que tous ces pays possèdent déjà un réseau comparable, ni que chaque projet annoncé a ouvert ses portes. 

    L’Espagne, le Maroc et le Portugal faisaient déjà partie des pays d’implantation à la fin de 2025. En Italie, l’enseigne a depuis annoncé l’inauguration de son premier club à Rome, dans le centre commercial Roma Est : 1 900 mètres carrés accueillant notamment musculation, cardio, cross-training et powerlifting. En Belgique, le premier établissement à Woluwe-Saint-Lambert est annoncé d’ici la fin de 2026. À la date où nous écrivons, l’ouverture romaine et le projet belge correspondent donc à deux étapes différentes. 

    Derrière ces implantations, on retrouve des entrepreneurs qui connaissent déjà le réseau. Sur le site du groupe, les partenaires du développement espagnol expliquent avoir auparavant exploité plusieurs clubs en France. Le responsable du développement marocain raconte lui aussi être passé par des établissements français avant de lancer des clubs à Casablanca et Rabat. L’enseigne s’appuie ainsi sur une connaissance de son fonctionnement, associée à des liens avec les marchés visés. 

    Cela ne dispense pas d’apprendre les habitudes locales. Un abonnement présenté comme accessible doit rencontrer le pouvoir d’achat et les offres concurrentes sur place. Un emplacement doit correspondre aux trajets des futurs adhérents. Les horaires, les attentes d’accompagnement, les équipements demandés et les obligations locales doivent être examinés. Traduire le site internet ne règle aucune de ces questions.

    La comparaison des prix mérite d’ailleurs mieux qu’un coup d’œil au montant affiché. Nous l’avons vu, quatre semaines ne font pas un mois. À tarif constant, 30 euros toutes les quatre semaines représentent 390 euros pour treize périodes, soit cinquante-deux semaines, contre 360 euros pour douze mensualités de 30 euros. L’écart atteint 8,3 %, avant frais d’inscription et promotions. Le montant semble identique. Le calendrier, lui, ajoute une échéance.

    Cette facturation n’est pas une particularité française de Fitness Park : les offres portugaises et italiennes consultées utilisent également des périodes de quatre semaines. Pour comparer deux salles, il faut donc ramener leurs tarifs à une durée comparable, puis regarder l’engagement et les services inclus. La promesse de prix accessible se juge sur ce que l’on paie réellement, pas seulement sur le chiffre que l’on retient en passant devant l’affiche. 

    L’adaptation ne consiste pas davantage à inventer une personnalité sportive pour chaque pays. Tous les Espagnols ne s’entraînent pas de la même manière, pas plus que tous les habitants d’Annecy. Deux clubs d’une même agglomération peuvent accueillir des rythmes différents. Il faut regarder qui vient, à quelles heures et pour utiliser quoi, puis décider ce que l’on peut ajuster sans perdre les repères qui font reconnaître Fitness Park.

    Si chaque établissement devient complètement différent, la promesse du réseau se brouille. Si tout est reproduit sans tenir compte du lieu, on risque d’installer des équipements peu demandés et de manquer de ceux que les adhérents attendent. Une salle peut conserver ses fabricants de référence et son identité visuelle tout en adaptant la répartition des appareils ou certains espaces. Ces décisions sont moins visibles qu’une annonce d’ouverture. Elles pèseront pourtant davantage dans la séance du mardi soir.

    La taille du réseau apporte des moyens : achats regroupés, équipes spécialisées, outils communs et expérience accumulée. Elle rend aussi les changements plus exigeants. Une nouveauté intéressante à Saint-Ouen doit pouvoir être installée, expliquée et entretenue ailleurs. Le travail de Florent prend ici une autre dimension. Il faut comprendre où une idée a du sens, pour quels adhérents et à quelles conditions, avant de vouloir la reproduire partout.

    La stratégie marketing de Fitness Park gagne à être regardée de cette façon, dans son ensemble. Les fabricants reconnus donnent une raison concrète de choisir la salle. Les images des adhérents et les partenariats sportifs rendent l’enseigne visible. HYROX et ATHX lui permettent de rencontrer ceux qui préparent une épreuve, Fortnite ceux qui ne cherchent pas encore un abonnement. Une fois inscrit, l’adhérent retrouve une application, des services supplémentaires et un programme de fidélité qui cherchent à prolonger la relation. Ces propositions ne séduisent pas toutes la même personne. Elles multiplient les occasions de découvrir la marque, puis de lui trouver une utilité.

    C’est ce qui peut rendre Fitness Park désirable. On reconnaît des appareils que l’on veut essayer, des pratiques auxquelles on aimerait se mettre et un environnement dans lequel on se projette. Dans mon cas, les machines gym80 et Hammer Strength jouent ce rôle très concret. Pour un autre adhérent, ce sera un espace de préparation ou la possibilité de venir avec un proche. L’enseigne doit réussir à réunir ces préférences tout en restant compréhensible pour celui qui veut simplement reprendre le sport.

    Cette stratégie bénéficie d’un marché européen en croissance, mais elle se déploie face à des concurrents qui possèdent eux aussi des réseaux, du matériel reconnu et des moyens de communication. Les fabricants équipent plusieurs enseignes. Les décors, les services et les formats d’entraînement peuvent être repris. La croissance du secteur ouvre des possibilités, sans garantir la réussite de chaque club. 

    La principale faiblesse du modèle apparaît alors dans l’écart possible entre l’image et l’usage. Une salle très attirante sur les réseaux peut devenir frustrante aux heures de pointe. Une formule supérieure peut séduire pendant la visite et sembler superflue quelques mois plus tard. Une multiplication de services peut compliquer la lecture du prix et des prestations. Plus la promesse s’élargit, plus il faut être capable de la tenir dans chaque établissement, y compris pour ceux qui n’utilisent qu’une petite partie de l’offre.

    L’expansion accentue cette exigence. Chaque ouverture rapproche potentiellement Fitness Park de nouveaux clients et renforce sa visibilité. Elle ajoute aussi un lieu dont il faudra assurer la qualité dans la durée. À l’étranger, la réputation construite en France ne remplace pas la nécessité de convaincre sur place. Le prochain enjeu sera de conserver la préférence des adhérents lorsque l’effet de découverte sera passé, que les machines auront vieilli et qu’une autre enseigne se sera peut-être installée à proximité.

    Le nombre d’ouvertures permet de suivre cette expansion. Pour en juger pleinement la solidité, il faudrait aussi connaître les renouvellements d’abonnement, l’utilisation effective des services, l’évolution de la fréquentation et les différences de qualité entre les clubs. Nous ne disposons pas ici de tous ces indicateurs. Les atouts sont visibles et la stratégie se comprend. Sa réussite durable se jouera dans la capacité à convertir cette visibilité en séances satisfaisantes, puis en habitudes que l’on souhaite conserver.

    En repensant à Saint-Ouen, je comprends mieux pourquoi la visite m’a intéressé au-delà des nouveautés. Une cabine à miroirs, une machine déplacée ou un espace réservé à une pratique racontent des décisions qui finissent par toucher ma propre séance. Certaines me donnent envie. D’autres me concernent moins. L’ensemble explique comment une salle cherche à prendre davantage de place dans la vie de ceux qui la fréquentent.

    Fitness Park peut bâtir un club dans Fortnite et ouvrir dans de nouveaux pays. La prochaine fois que j’entrerai à Châtenay-Malabry ou à Épagny-Metz-Tessy, je viendrai pourtant faire mon entraînement. Je regarderai peut-être davantage la lumière et l’organisation du plateau. Puis j’irai régler mon siège et choisir ma charge. La marque m’a donné des raisons de venir. C’est encore la séance qui me donnera envie de rester.