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Chamanes et Divinités au quai Branly

Nous nous sommes rendus à l’exposition Chamanes et divinités de l’équateur précolombien, et encore une fois le musée du quai Branly a réussi à nous impressionner avec un choix d’exposition qui nous transporte hors du temps.

Le titre de l’exposition nous a tout de suite interpellé car l’on s’attaque à ce que nous n’avons pas l’habitude de côtoyer, un monde plein de mystère et mysticisme que nous voulions à tout prix appréhender, ou du moins essayer.

Cette exposition nous offre une rétrospective en quatre étapes :
-le contexte du chamanisme dans l’équateur précolombien
-le savoir sacré
-l’exercice du savoir sacré : le faire
-les récentes découvertes en Amazonie occidentale équatorienne

Quatre tribus ont marqué cette période entre 1000 ans avant J.-C. et 500 après J.-C., les Chorrera, Jama-Coaque, La Tolita et Bahia.

Pour ces peuples ancestraux, le monde n’était pas tel qu’on le voit aujourd’hui et les chamanes y avaient une place primordiale.
Leur vision du monde passait par l’analyse de tous les éléments de la nature en passant des animaux, aux plantes et même les pierres, tout y avait une âme et était susceptible d’influer sur les actes des humains au quotidien.
Les animaux étaient vénérés et prenaient parfois des formes surprenantes dans leur imaginaire, comme nous pouvons voir dans la représentation du jaguar bicéphale.

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« Devenir chamane impliquait un abandon complet du Soi et une grande humilité »

Quant au chamane, c’était un être à part dans les tribus, un être presque sacré pourvu de pouvoirs divinatoires et au près de qui on cherchait conseil au quotidien. Ce pouvoir ancestral était légué de père en fils, mais devenir chamane impliquait un abandon complet du Soi et une grande humilité, pour être en parfaite harmonie avec le monde qui l’entourait. Toutefois, cette symbiose avec la nature, n’était pas le fruit du hasard et était possible grâce aux psychotropes qu’ils consommaient telles que des feuilles de coca mélangées à de divers hallucinogènes qu’ils transportaient dans un récipient avec eux dénommé Lipta.

Les rituels et les rites étaient eux aussi très importants dans la vie quotidienne de ces peuples, et ils étaient encadrés par les chamanes. Au cours des cérémonies rituelles, en passant par les rites d’initiation, aux rites sacrificiels ou au rites de fertilité, le chamane cherchait à atteindre « l’interconnexion entre les différents niveaux de l’espace cosmique » en fixant son attention sur les cycles de la nature et de la vie humaine. La méditation et la musique font aussi partie intégrante des rituels, au même titre que la consommation de produits psychotropes, qui leur permettent d’entrer en contact avec les esprits.

Au cours de cette exposition nous avons pu déceler certains secrets du chamanisme et voir à quel point ces peuples ancestraux étaient déjà bien évolués, non seulement dans leur façon de vivre mais d’entrevoir le monde et le codifier.

Vous pouvez faire ce voyage suspendu dans le temps jusqu’au 15 mai au musée du quai Branly.

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